Expatriation en Andorre : de plus en plus de Français sautent le pas

Stéphane

juin 5, 2026

Pendant longtemps, l’Andorre évoquait surtout les week-ends shopping et les cigarettes détaxées. Cette image appartient désormais au passé. La principauté pyrénéenne est devenue l’une des destinations d’expatriation les plus sérieuses d’Europe pour les entrepreneurs, les investisseurs et les familles patrimoniales français. Et le mouvement s’accélère d’année en année. Voici pourquoi.

Qu’est-ce qui attire les Français en Andorre ?

La principale motivation des expatriés français en Andorre est fiscale et elle est difficile à contester chiffres en main. Quand on s’intéresse de plus près à ce qu’implique la vie en principauté d’Andorre, on se rend compte que le système fiscal andorran repose sur des taux parmi les plus bas d’Europe occidentale.

L’impôt sur le revenu est plafonné à 10 %, avec une exonération totale sur les premiers 24 000 euros de revenus nets par contribuable. L’impôt sur les sociétés est également fixé à 10 % contre 25 % en France. La TVA locale s’établit à 4,5 % et est la plus basse du continent européen.

Surtout, l’Andorre ne connaît pas d’impôt sur la fortune ni de droits de succession entre parents et enfants ou entre conjoints. Pour un entrepreneur français habitué au barème progressif pouvant atteindre 45 % sur les revenus élevés, le contraste est considérable.

La fiscalité sur les dividendes est également très avantageuse. Un résident andorran qui perçoit des dividendes d’une société andorrane n’est imposé qu’une seule fois, à 10 % au niveau de la société. Aucune imposition supplémentaire au moment de la distribution. Pour les entrepreneurs qui se versent des revenus depuis leur société, c’est un changement de paradigme par rapport au traitement fiscal français.

Une qualité de vie qui justifie le déménagement au-delà de la fiscalité

La principauté offre un cadre de vie que peu de destinations européennes peuvent égaler. La sécurité y est remarquable. L’Andorre figure régulièrement parmi les pays les plus sûrs du monde avec un taux de criminalité extrêmement faible. Pour des familles avec enfants, cet environnement est un luxe quotidien que peu de grandes villes françaises peuvent offrir. Le système éducatif est un atout majeur pour les parents. L’Andorre propose 3 systèmes scolaires publics et gratuits :

  • andorran ;
  • français ;
  • et espagnol.

L’école française d’Andorre suit le programme de l’Académie de Montpellier. Cela garantit une continuité parfaite avec le cursus hexagonal. Les enfants grandissent naturellement multilingues et maîtrisent le catalan, le français, l’espagnol et souvent l’anglais. Aussi, le ski est intégré au cursus dès le primaire, ce qui n’est pas pour déplaire aux familles qui aiment la montagne.

Par ailleurs, le système de santé rembourse entre 75 et 90 % des actes médicaux avec une totale liberté de choix du praticien. Des accords bilatéraux avec la France et l’Espagne permettent aux résidents andorrans d’être couverts lors de leurs séjours dans les pays voisins. La cotisation mensuelle pour un dirigeant indépendant s’élève à environ 500 euros, ce qui reste raisonnable pour le niveau de couverture obtenu.

Que faut-il savoir avant de s’installer ?

L’Andorre n’est pas membre de l’Union européenne. Un Français ne peut pas s’y installer librement comme il le ferait dans un autre pays de l’espace Schengen. Il existe deux grandes familles de permis de résidence.

La résidence active pour les entrepreneurs

C’est la voie la plus empruntée par les Français qui s’expatrient en Andorre. Elle nécessite :

  • la création d’une société andorrane ;
  • le dépôt d’une caution de 50 000 euros auprès de l’Autorité Financière Andorrane (AFA) ;
  • et une détention minimale de 34 % du capital de la société.

La cotisation à la CASS en qualité d’administrateur s’élève à environ 500 euros par mois. La présence physique d’au moins 183 jours par an sur le territoire est requise pour valider la résidence fiscale andorrane et bénéficier des avantages de la convention fiscale avec la France.

La résidence passive pour les investisseurs et rentiers

Elle s’adresse aux rentiers, retraités fortunés et familles patrimoniales. Elle implique un investissement minimal d’un million d’euros en actifs andorrans, réduit à 400 000 euros pour les investissements réalisés dans le Fonds du Logement.

Un dépôt de caution de 50 000 euros auprès de l’AFA est également requis, majoré de 12 000 euros par membre de la famille à charge. Une présence minimale de 90 jours par an sur le territoire est demandée. Cependant, c’est la règle des 183 jours qui conditionne la résidence fiscale effective et la protection offerte par la convention fiscale franco-andorrane.

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