La loi Carrez reste un pilier de la réglementation immobilière en France, particulièrement dans un contexte 2026 où la précision des informations de vente est devenue cruciale. Entre la hausse continue des prix en Île-de-France et l’arrivée de nouvelles techniques de mesurage, la mention de la surface privative dans les actes de vente n’a jamais eu autant d’enjeux financiers et juridiques. Cet article propose une analyse pédagogique et opérationnelle de la loi Carrez, des méthodes de calcul aux recours disponibles, en passant par les responsabilités des intervenants et l’impact concret sur les transactions.
Le fil conducteur suit le parcours d’un investisseur fictif, Marc Leroy, qui achète puis revend des biens à Paris et en périphérie. À travers ses expériences, chaque section éclaire une facette pratique : calcul, erreurs fréquentes, conséquences financières, actions judiciaires et conseils de prévention. L’objectif : fournir des repères exploitables pour un investisseur averti ou un particulier impliqué dans une vente immobilière.
En bref :
- Obligation légale : tout lot de copropriété supérieur à 8 m² doit voir sa surface privative mentionnée dans l’acte.
- Tolérance de 5 % : action en réduction du prix possible si la surface réelle est inférieure de plus de 5 % à celle annoncée.
- Délais stricts : l’action en réduction du prix se prescrit dans l’année suivant l’acte authentique.
- Conséquences financières : à Paris, quelques mètres carrés peuvent valoir des dizaines de milliers d’euros.
- Bonnes pratiques : mesurage par professionnel certifié, vérification avant promesse, recours amiable avant contentieux.
Définition et champ d’application de la loi Carrez : règles essentielles et portée pratique
La loi Carrez, instituée par la loi n°96-1107 du 18 décembre 1996 et insérée dans l’article 46 de la loi du 10 juillet 1965, impose la mention de la surface privative dans toute promesse ou acte de vente portant sur un lot de copropriété. Cette obligation vise à garantir la transparence dans la transaction et à protéger l’acquéreur contre les erreurs de connaissance de la surface réelle du bien.
Sur le plan pratique, la loi s’applique aux lots privatifs dont la surface dépasse 8 m². Les caves, garages, emplacements de stationnement et autres locaux non habitables en sont exclus. En revanche, si plusieurs petits lots forment une unité d’habitation, ils peuvent être soumis au mesurage.
Un point parfois mal compris concerne la portée de l’obligation : la mention de la surface doit figurer dans la promesse ou le contrat préliminaire, puis dans l’acte authentique. L’absence de mention permet d’attaquer l’acte pour nullité, à condition de respecter les règles de procédure. En pratique, les notaires vérifient systématiquement la présence d’un certificat de mesurage et exigent que cette information soit annexée au dossier de vente.
Le fil conducteur avec l’expérience de Marc Leroy : lors d’une acquisition d’un deux-pièces ancien, Marc a constaté une différence entre la surface affichée dans l’annonce et celle indiquée dans l’acte. La mention dans l’acte l’a protégé d’une attaque en nullité mais a ouvert la voie à une action en réduction du prix s’il avait constaté un écart dépassant la tolérance. Ce cas illustre l’importance d’un mesurage préalable avant la signature de la promesse.
La loi Carrez est d’ordre public. Toute clause contraire insérée dans un contrat est réputée non écrite. L’acquéreur ne peut renoncer à son droit à réduire le prix pour erreur de surface dans l’acte. Toutefois, la loi ne s’applique pas aux ventes en l’état futur d’achèvement (VEFA) ni aux ventes hors copropriété, qui relèvent de régimes juridiques distincts et de méthodes de calcul spécifiques.
En pratique, pour s’assurer d’une information fiable, il est recommandé de se rapprocher d’un diagnostiqueur certifié. Les professionnels mettent désormais en œuvre des outils de pointe : capteurs laser, scanners 3D et logiciels de restitution. Ces méthodes renforcent la fiabilité des mesures et constituent des preuves techniques solides en cas de litige.
Pour approfondir les aspects pratiques et les formalités, des ressources spécialisées comme l’analyse juridique du cabinet Kohen Avocats ou les guides de mesure professionnelle proposés par des géomètres-experts sont utiles. Ils complètent la lecture des textes de loi et offrent des modes d’emploi concrets pour les vendeurs et acquéreurs.
Enfin, il faut garder à l’esprit l’impact financier : à Paris, où le prix du mètre carré dépasse fréquemment 10 000 €, une différence de quelques mètres carrés peut représenter un enjeu financier majeur. Ce paramètre impose une exigence de rigueur documentaire et technique dès les premières étapes de la transaction.
La loi Carrez impose une discipline documentaire et technique qui conditionne la sécurité juridique et la valeur économique d’une vente en copropriété.

Mesure et calcul : méthode Carrez, différences avec la surface habitable et pratiques professionnelles
La méthode de calcul de la surface privative est codifiée dans l’article 4-1 du décret n°67-223 du 17 mars 1967. Elle retient la superficie des planchers des locaux clos et couverts, après déduction des surfaces occupées par les murs, cloisons, marches, cages d’escalier, gaines et embrasures. Les planchers des parties dont la hauteur est inférieure à 1,80 m sont exclus du calcul.
La différence avec la surface habitable (loi Boutin) mérite une attention particulière. Si les deux notions partagent certains principes (exclusion des caves ou garages), elles diffèrent sur des éléments concrets : mezzanines, vérandas, volumes vitrés et certaines parties communes peuvent être traités différemment selon le régime applicable. Un tableau synthétique facilite la comparaison.
| Élément | Surface Carrez | Surface habitable (Boutin) |
|---|---|---|
| Planchers des locaux clos et couverts | Pris en compte | Pris en compte |
| Murs, cloisons, gaines, embrasures | Déduits | Déduits |
| Hauteur < 1,80 m | Exclue | Exclue |
| Combles non aménagés | Exclus | Exclus |
| Balcons, terrasses | Exclus | Exclus |
La norme AFNOR NF P 15-210 et les recommandations de géomètres-experts encadrent les bonnes pratiques de mesure. Les diagnostiqueurs certifiés utilisent désormais des outils numériques pour améliorer la précision, notamment des télémètres laser et des scanners 3D qui génèrent des nuages de points et des plans exploitables en justice.
Un exemple concret : dans un appartement mansardé, la surface au sol peut sembler généreuse. Toutefois, si une large portion présente une hauteur inférieure à 1,80 m, la surface Carrez sera significativement moindre que la surface perçue. Cela peut créer un décalage problématique entre l’attente de l’acheteur et la valeur réelle au mètre carré.
La question des mezzanines est récurrente. Selon leur intégration dans le volume principal et leur hauteur, elles peuvent être incluses ou exclues. Les notaires et géomètres s’accordent à recommander la clarté contractuelle : préciser dans l’acte comment chaque espace a été pris en compte, annexer les plans et le certificat de mesurage pour prévenir tout litige ultérieur.
Il existe aussi des différences procédurales. Le certificat de mesurage Carrez n’a pas de durée de validité légale limitée, mais il devient caduque si des travaux modifient la configuration du lot. Les professionnels conseillent donc un mesurage actualisé après travaux importants.
Pour l’acquéreur, il est déterminant de comprendre ces distinctions avant la signature d’une promesse de vente. L’exigence d’une mesure contradictoire peut être insérée dans le compromis pour sécuriser la transaction. Les guides pratiques et exemples de calcul, tels que ceux proposés par des géomètres et des cabinets spécialisés, aident à appréhender la méthode exacte.
Ressources complémentaires, utiles pour un contrôle préalable : le guide technique de certains géomètres-experts et les articles explicatifs de sites spécialisés fournissent des pas-à-pas pour calculer soi-même une estimation.
La précision du mesurage repose autant sur la méthode juridique que sur la qualité technique des outils employés ; la combinaison des deux limite significativement le risque contentieux.
Cas particuliers et exclusions : mezzanines, combles, vérandas, et situations atypiques
La diversité du parc immobilier français engendre de nombreux cas particuliers dans l’application de la loi Carrez. Les immeubles anciens, les lofts repensés, les ateliers d’artistes ou les duplex posent des questions techniques sur la prise en compte des surfaces. Chaque configuration mérite une analyse précise pour déterminer l’inclusion ou l’exclusion de certains volumes.
Les combles non aménagés sont exclus du calcul, mais une conversion en espace habitable impose un nouveau mesurage. Les vérandas, volumes vitrés ou extensions légères relèvent souvent de débats : seuls les volumes fermés, couverts et chauffés peuvent être considérés, et leur intégration dépend de la conformité aux normes de construction. La jurisprudence récente en 2024-2026 a été plus stricte sur ces points, imposant une appréciation au cas par cas.
Les mezzanines nécessitent une attention particulière : si elles forment un plancher accessible et d’une hauteur suffisante, elles sont comptabilisées. Si la mezzanine a une faible hauteur sous plafond, elle peut être exclue partiellement. Un exemple tiré de l’expérience de Marc Leroy : lors de l’acquisition d’un studio avec mezzanine, l’absence de précision sur la hauteur utile a entraîné une contestation après la signature. Le recours a abouti à une réduction contractuelle du prix, évitable si un plan détaillé et le certificat du diagnostiqueur avaient été annexés au compromis.
Les parties communes privatives, telles que des jardins d’usage exclusif ou des locaux attenants, ne sont pas incluses sauf transformation juridique récente. Il est fréquent que des vendeurs ou agents confondent jouissance exclusive et propriété privative, ce qui entraîne des discordances dans l’évaluation de la surface.
En VEFA (vente en l’état futur d’achèvement), la loi Carrez ne s’applique pas. Le régime de droit commun s’applique alors, et la surface mentionnée est souvent assimilée à la surface habitable. Les contrats de VEFA prévoient fréquemment une tolérance de ±5 %. Au-delà, l’acquéreur peut demander une diminution du prix ou la résiliation du contrat, et des règles spécifiques de contrôle s’appliquent.
Les annexes comme caves, garages et parkings sont exclues de la surface Carrez mais peuvent avoir une valeur économique importante. Leur mention séparée dans l’acte est essentielle pour évaluer correctement le prix et éviter les litiges liés à l’omission ou à la mauvaise description.
Dans certains bâtiments anciens, la délimitation précise d’un lot peut être complexe en raison d’aménagements successifs. Dans ces situations, une expertise contradictoire ou judiciaire permet d’établir la superficie réelle avec une force probante élevée. Les tribunaux tiennent compte des plans cadastraux, des relevés topographiques et des preuves de transformation pour trancher.
Un aspect souvent négligé est l’impact des travaux non autorisés ou des modifications réalisées sans mise à jour du règlement de copropriété. Ces changements peuvent affecter la consistance du lot et rendre le certificat de mesurage obsolète. Le syndic est parfois sollicité pour clarifier la situation, ce qui souligne l’importance d’une communication fluide entre les différents acteurs.
L’application de la loi Carrez aux configurations atypiques exige une expertise technique et juridique précise ; documenter chaque transformation évite des conséquences financières lourdes.
Erreur de superficie et sanctions : règle des 5 %, nullité et calcul de la réduction
La sanction emblématique de la loi Carrez est la règle du vingtième, soit une tolérance de 5 %. Si la surface réelle est inférieure de plus de 5 % à celle mentionnée dans l’acte, l’acquéreur peut demander une diminution proportionnelle du prix. Cette règle est indépendante de la mauvaise foi du vendeur : la garantie est objective.
Le calcul de la réduction se fait selon la formule suivante : (prix de vente × surface manquante) / surface mentionnée. Par exemple, pour un appartement affiché à 60 m² vendu 600 000 €, si la surface réelle est de 56 m² (écart de 4 m², soit 6,67 %), la réduction sera (600 000 × 4) / 60 = 40 000 €.
En cas d’absence totale de mention de superficie dans la promesse ou le compromis, l’action en nullité peut être engagée. Attention : si l’acte authentique ultérieur mentionne la superficie, l’action en nullité fondée sur l’absence de mention devient inopérante et l’acquéreur ne dispose plus que du droit à la réduction du prix pour erreur de superficie, sous réserve du seuil des 5 % et du délai applicable.
Le délai pour agir est strict : l’action en réduction du prix doit être intentée dans l’année qui suit la signature de l’acte authentique. Ce délai est un délai de forclusion et ne se suspend pas, même en cas d’expertise en cours. La jurisprudence confirme que la suspension de la prescription ne s’applique pas à ce délai particulier.
Lorsqu’une vente porte sur plusieurs lots vendus pour un prix global, il est nécessaire de ventiler le prix pour identifier la part correspondant au lot soumis à Carrez. Cette opération technique nécessite souvent l’intervention d’un expert ou d’un avocat pour chiffrer correctement la part litigieuse.
En pratique, l’action amiable commence par une mise en demeure adressée au vendeur, avec calcul détaillé de la réduction demandée. Si aucune solution n’est trouvée, la saisine du tribunal judiciaire du lieu de situation de l’immeuble s’impose. La représentation par avocat est obligatoire pour des demandes supérieures à 10 000 €.
La responsabilité du diagnostiqueur peut être engagée si une faute distincte est démontrée. Toutefois, la mission du diagnostiqueur se limite au mesurage technique ; il n’est pas tenu d’analyser la qualification juridique du lot. Sa responsabilité n’est retenue que s’il commet une erreur manifeste ou ne respecte pas la méthodologie requise.
Cas pratique : Marc Leroy découvre, après signature, un écart de 3 m² sur un appartement vendu 800 000 € à Paris. Ici l’écart représente 3,75 % — inférieur au seuil de 5 % — et aucune action en réduction n’est possible. Si l’écart dépassait 5 %, la réduction se chiffrerait en dizaines de milliers d’euros, illustrant l’enjeu considérable sur les marchés où le prix du m² est élevé.
La règle des 5 % module l’exercice des recours et impose une anticipation rigoureuse : vérification des mesures avant promesse et formalisation des réserves dans l’acte sont des protections décisives.

Procédures de recours et délais : étapes pratiques pour l’acquéreur et le vendeur
Le contentieux lié à la mesure loi Carrez suit une procédure structurée : vérification documentaire, mesurage contradictoire, mise en demeure, saisine judiciaire. Une approche méthodique maximise les chances d’aboutir à une réparation et limite les coûts procéduraux.
Première étape : vérifier l’acte de vente. Relever la superficie mentionnée, lister les lots et contrôler la présence du certificat de mesurage annexé.
Seconde étape : Si des irrégularités sont constatées, la seconde étape consiste à faire réaliser un mesurage contradictoire par un professionnel certifié, ou à enclencher une expertise judiciaire si les parties ne s’entendent pas sur la méthode.
Troisième étape : calculer précisément l’écart en pourcentage et vérifier le respect du seuil de 5 %. Si le seuil est dépassé, l’acquéreur adresse une mise en demeure motivée avec le calcul de la diminution du prix demandée. Cette lettre recommandée peut déclencher une négociation amiable évitant un procès long et coûteux.
Si la négociation échoue, il faudra saisir le tribunal judiciaire compétent (lieu de situation du bien). La procédure peut s’appuyer sur des preuves techniques : plans, certificats de mesurage, relevés 3D, expertise contradictoire. La représentation par avocat est recommandée et parfois obligatoire selon les montants en jeu.
En parallèle, il est possible d’appeler en garantie le professionnel fautif (diagnostiqueur, agent immobilier) si une faute distincte est démontrée. L’assurance responsabilité civile professionnelle du diagnostiqueur couvre alors les dommages, dans les limites prévues par le contrat d’assurance.
Un point souvent négligé concerne la transmission des droits : l’action en réduction du prix peut être exercée par l’acheteur initial même s’il a revendu le bien entre-temps ; le droit est transmissible à ses héritiers ou ayants droit. Cela signifie que la présomption de perte de droit ne se produit pas automatiquement en cas de revente.
Sur le plan pratique, la prévention fonctionne mieux que le cure. Pour un vendeur, faire réaliser un mesurage fiable avant toute mise en vente, annexer le certificat au compromis et assortir l’acte de plans explicites limite les risques. Pour l’acquéreur, exiger une clause de révision en cas d’écart significatif peut constituer un filet de sécurité.
Ressources utiles et coûts associés : le coût d’un mesurage par un diagnostiqueur varie selon la surface et la complexité du bien. Des guides tarifaires comme ceux publiés sur sanscravate.fr tarif diagnostic immobilier permettent d’estimer ces frais. De même, la connaissance du prix de vente moyen et des tendances locales, consultable via des portails spécialisés, aide à mesurer l’impact financier d’un écart de surface.
Respecter les étapes procédurales et documenter chaque phase du mesurage augmente nettement la probabilité d’une résolution favorable, qu’elle soit amiable ou judiciaire.
Calculateur Carrez
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Impact 2026 : évolutions techniques, juridiques et marché immobilier
L’année 2026 marque la consolidation d’une tendance : la digitalisation et la précision accrue des diagnostics immobiliers. L’utilisation de scanners 3D, de drones pour les relevés et de logiciels d’analyse géospatiale devient la norme pour les transactions de qualité. Ces outils réduisent les erreurs humaines et renforcent la preuve technique en cas de litige.
Sur le plan juridique, la jurisprudence récente affiche une tendance à la stricte application des règles Carrez, notamment pour les biens atypiques. Les cours de justice prennent désormais en compte les relevés numériques et les plans 3D comme éléments déterminants. Les professionnels de la transaction s’orientent donc vers la production de dossiers techniques complets et horodatés.
L’impact sur le marché est tangible : à Paris et en Île-de-France, où le prix du mètre carré dépasse fréquemment 10 000 €, la précision du mesurage influence directement la valeur des biens et la confiance des acheteurs. Un écart de quelques mètres carrés peut représenter des dizaines de milliers d’euros, ce qui justifie l’investissement dans des diagnostics haut de gamme pour sécuriser une transaction.
En pratique, les plateformes de transaction intègrent des contrôles automatiques : comparaison des surfaces déclarées avec les références cadastrales, détection d’anomalies et alertes avant publication. Ces fonctionnalités, proposées par certains acteurs numériques, contribuent à réduire les litiges en amont.
Un autre effet 2026 concerne la responsabilisation accrue des intervenants. Les certificateurs multiplient les contrôles et les sanctions disciplinaires contre les diagnostiqueurs fautifs. De plus, la pression réglementaire sur la transparence conduit les agents immobiliers et les notaires à exiger des preuves plus robustes avant signature d’un compromis.
Enfin, la sensibilité des investisseurs évolue. Les acheteurs institutionnels et privés intègrent désormais des clauses de garantie sur la surface dans leurs offres, et certains fonds immobiliers réalisent des audits préalables afin d’anticiper les litiges potentiels. Les outils d’analyse de marché prennent en compte la surface Carrez comme variable clé pour modéliser le rendement locatif et la revente.
La combinaison d’outils numériques et d’une jurisprudence exigeante fait de la précision de la surface un critère décisif pour la sécurité des transactions en 2026.
Responsabilités des intervenants : obligations du vendeur, rôle du notaire, diagnostiqueur et agent immobilier
La réussite d’une vente immobilière conforme à la loi Carrez repose sur une chaîne de responsabilités partagées. Le vendeur porte la responsabilité principale : il doit faire réaliser le mesurage et annexer le certificat au dossier de vente. L’omission peut engager la nullité de l’acte ou la réduction du prix.
Le notaire joue un rôle de dernier rempart. Il vérifie la présence et la cohérence du certificat, contrôle la description du lot et peut refuser d’instrumenter une vente si des informations essentielles manquent. Sa fonction est autant préventive que probatoire : le notaire formalise la preuve contractuelle et évite les vices de forme.
Le diagnostiqueur immobilier réalise le mesurage technique. Sa mission implique une méthodologie certifiée ; son acte peut engager sa responsabilité professionnelle s’il y a une faute distincte. Cependant, le diagnostiqueur n’a pas à effectuer d’analyse juridique du lot : il mesure ce qui lui est présenté matériellement.
Les agences et agents immobiliers ont l’obligation de vigilance. Ils doivent s’assurer que les documents techniques existent et que le vendeur a pris les mesures nécessaires. Leur responsabilité peut être recherchée en cas de publicité trompeuse ou de négligence dans la vérification des pièces.
Le syndic de copropriété peut être sollicité pour fournir des éléments sur l’évolution des parties privatives et la conformité des transformations. Sa collaboration permet d’éclairer l’origine de certains écarts et de faciliter la résolution amiable des litiges.
Exemple concret : lors de la vente d’un duplex rénové, le diagnostiqueur a omis de prendre en compte une mezzanine basse. L’acquéreur a obtenu gain de cause grâce à une expertise judiciaire qui a pointé la méthode de mesure incomplète. Le diagnostiqueur a été condamné en responsabilité et son assurance a couvert l’indemnité à verser.
En pratique, la prévention reste préférable. Les vendeurs sont incités à délivrer un dossier complet (plans, certificats, relevés) et les acheteurs à solliciter un mesurage contradictoire avant la signature. Les coûts de prévention, comparés au risque financier d’un litige, sont souvent modestes et rentables.
Pour évaluer les coûts et offres du marché, des comparateurs publics ou privés listent les tarifs moyens pour ces prestations. Par exemple, des informations tarifaires consolidées sont proposées dans l’article concernant le prix vente immobilier et l’offre achat immobilier, utiles pour budgéter la transaction.
Clarifier les responsabilités et formaliser un dossier technique solide protège toutes les parties et limite l’apparition de contentieux coûteux.
Bonnes pratiques pour investisseurs et vendeurs : checklist, exemples et stratégies pour sécuriser une transaction
Face aux enjeux financiers et juridiques, une checklist opérationnelle s’impose pour sécuriser une transaction. Elle doit couvrir le pré-mesurage, la contractualisation, la gestion des annexes et la stratégie en cas d’écart constaté.
- Faire réaliser un mesurage par un diagnostiqueur certifié avant la mise en vente.
- Annexer le certificat de surface au compromis et à l’acte authentique.
- Préciser la méthode de calcul et intégrer les plans détaillés du lot.
- Insérer, si nécessaire, une clause de révision du prix en cas d’écart supérieur à 5 %.
- Conserver des preuves techniques horodatées (photos, plans, nuages de points).
Pour l’investisseur type, comme Marc Leroy, ces précautions se traduisent par des économies substantielles et une diminution du risque juridique. Marc privilégie désormais des diagnostics 3D et exige une clause de vérification dans tous ses compromis. Cette stratégie a réduit ses litiges et optimisé ses arbitrages patrimoniaux.
Exemples concrets : sur un bien parisien vendu 1 000 000 €, la perte de 2 m² non comptabilisés représente 20 000 € à 10 000 €/m². Anticiper ce risque par un mesurage fiable évite une perte potentielle et protège le rendement attendu en cas de revente.
Stratégies négociées : inclure une clause de mise à jour de la surface pendant la période entre promesse et acte authentique, prévoir une expertise contradictoire en cas d’écart, et demander un engagement du diagnostiqueur quant à la méthodologie utilisée. Ces mécanismes favorisent le règlement amiable et protègent juridiquement le vendeur comme l’acheteur.
Une démarche préventive structurée et documentée est la clé pour transformer une obligation réglementaire en avantage compétitif sur un marché exigeant.
FAQ
Qu’est-ce que la loi Carrez et à qui s’applique-t-elle ?
La loi Carrez impose la mention de la surface privative dans les promesses et actes de vente pour les lots de copropriété. Elle s’applique aux lots privatifs supérieurs à 8 m², hors caves, garages et parkings, et vise à garantir la transparence de la transaction.
Quelle est la différence entre surface Carrez et surface habitable (Boutin) ?
La surface Carrez mesure la superficie des planchers des locaux clos et couverts après déductions spécifiques et exclut les zones de moins de 1,80 m. La surface habitable (Boutin) sert notamment à la location et obéit à des règles proches mais distinctes ; certaines configurations (vérandas, mezzanines) peuvent être traitées différemment.
Que se passe-t-il en cas d’erreur de plus de 5 % dans la superficie ?
Si la superficie réelle est inférieure de plus de 5 % à celle indiquée dans l’acte, l’acquéreur peut demander une diminution proportionnelle du prix. L’action doit être intentée dans l’année qui suit l’acte authentique et le calcul de la réduction se fait au prorata de la surface manquante.
La loi Carrez s’applique-t-elle en VEFA ?
Non, la loi Carrez ne s’applique pas aux ventes en l’état futur d’achèvement (VEFA). Ces ventes obéissent au régime du Code civil applicable aux VEFA, qui prévoit des règles et tolérances spécifiques pour la surface.
Qui est responsable en cas d’erreur de mesurage ?
Le vendeur reste responsable vis-à-vis de l’acquéreur, mais la responsabilité du diagnostiqueur peut également être engagée s’il commet une faute distincte. L’assurance professionnelle du diagnostiqueur couvre généralement les dommages si une négligence est prouvée.