Le traitement des successions par les banques est désormais soumis à un cadre strict avec la mise en place d’un plafonnement et de cas de gratuité des frais bancaires, une avancée législative récente qui impacte les héritiers et facilite la gestion des comptes après décès. Jusqu’ici, les établissements financiers appliquaient librement des frais pour la clôture des comptes du défunt, souvent source de controverses et d’inégalités. La loi du 13 mai 2025 a instauré des règles claires pour encadrer ces coûts, en limitant les frais à un pourcentage du montant total des avoirs et en exonérant certains profils de la facturation.
Les opérations que la banque doit réaliser englobent la réception de l’acte de décès, l’inventaire des fonds présents sur les comptes, la gestion des opérations post-décès et enfin le transfert des sommes vers les héritiers. Le nouveau dispositif prévoit ainsi trois situations dans lesquelles les frais bancaires succession ne sont pas facturés. Il propose également un plafond fixé pour les autres cas, apportant une meilleure lisibilité aux bénéficiaires d’un héritage et une protection contre des frais excessifs.
En bref :
- Plafonnement légal des frais : à compter du 13 novembre 2025, les frais bancaires de succession sont limités à 1 % des avoirs, avec un maximum de 850 €.
- Trois cas de gratuité : aucune facturation si le défunt est mineur, si l’encours total est inférieur à 5 910 €, ou en cas de succession simple sans complexité manifeste.
- Protection des héritiers : la loi met fin aux pratiques tarifaires hétérogènes et réduit le risque de frais excessifs ou imprévisibles.
- Champ d’application ciblé : les comptes courants et livrets réglementés sont concernés, tandis que certains produits financiers (PEA, PEA-PME…) restent hors plafonnement.
- Anticipation recommandée : constituer un dossier complet et connaître la qualification de la succession permet souvent d’éviter ou de réduire les frais.
Encadrement des frais bancaires sur succession : plafonnement et exonérations
À compter du 13 novembre 2025, les frais bancaires facturés par les banques lors du règlement d’une succession sont encadrés par la loi. Cette réglementation impose un plafonnement des frais bancaires succession à un montant maximum de 850 euros ou 1 % des fonds détenus, le plus bas des deux plafonds étant applicable. Il s’agit d’éviter des coûts disproportionnés en fonction de la valeur des comptes clôturés.
En parallèle, la loi définit clairement trois cas de gratuité permettant aux héritiers d’éviter toute charge liée aux opérations bancaires :
- Si le titulaire du compte est mineur au moment du décès, aucun frais n’est appliqué, quel que soit le montant des avoirs.
- Lorsque le total des soldes bancaires et produits d’épargne est inférieur à 5 910 euros.
- Dans le cadre d’une succession simple, sous réserve que les héritiers justifient leur qualité par un acte d’authenticité ou une attestation signée et qu’aucune complexité manifeste soit constatée.

Les critères définissant une succession simple et les cas de complexité manifeste
La notion de succession simple repose sur l’absence de complications juridiques ou fiscales visibles. Selon le code monétaire et financier, une succession simple ne présente pas de situation de complexité manifeste. Parmi ces dernières, on peut citer :
- L’absence d’héritier direct (conjoint, enfants, ou frères et sœurs).
- La présence d’un crédit immobilier en cours contracté par le défunt.
- La détention d’un compte professionnel.
- Des éléments d’extranéité comme une résidence fiscale à l’étranger ou l’application d’une loi étrangère.
- La présence de sûretés ou nantissements sur les comptes ou produits d’épargne.
En présence de ces conditions, la banque est en droit de facturer des frais bancaires liés à la succession, cependant toujours dans le respect du plafonnement légal. Cette règlementation vise à limiter les abus et donner aux héritiers une meilleure visibilité sur les sommes susceptibles d’être prélevées.
Quels comptes sont concernés et lesquels sont exclus du plafonnement des frais bancaires succession ?
L’encadrement des frais concerne principalement les comptes de dépôt classiques ainsi que les livrets d’épargne tels que le Livret A, le Livret de développement durable et solidaire (LDDS), le Livret d’épargne populaire (LEP) et les livrets jeunes. Sont également visés les comptes d’épargne logement. Ces produits représentent une part significative des avoirs détenus par les particuliers et par conséquent un enjeu majeur pour la maîtrise des coûts.
Toutefois, certains produits sont exclus de ce plafonnement, notamment les plans d’épargne en actions (PEA), les PEA-PME/ETI, les comptes dédiés à l’innovation pour les PME, ainsi que les plans d’épargne dédié au climat. Pour ces comptes, la banque conserve une liberté tarifaire pour les frais liés à la succession, ce qui importe dans la préparation ou la gestion patrimoniale des héritiers.

Tableau récapitulatif des plafonds et cas de gratuité des frais bancaires succession
| Situation | Critères | Montant / Condition | Gratuité | Plafonnement |
|---|---|---|---|---|
| Titulaire mineur | Âge inférieur à 18 ans au décès | Indifférent | Oui | Non applicable |
| Montant faible | Solde total inférieur à 5 910 € | Inférieur à ce seuil | Oui | Non applicable |
| Succession simple | Acte de notoriété ou attestation + pas de complexité manifeste | Non précisé | Oui | Non applicable |
| Succession complexe | Présence de facteurs de complexité | Montant total des avoirs | Non | 1 % du total, plafonné à 850 € |
Adapter sa stratégie face à ce plafond et anticiper les frais bancaires succession
La limitation à 850 euros des frais bancaires sur succession apporte une sécurité financière aux héritiers, souvent confrontés à une gestion difficile et parfois coûteuse des démarches administratives. Cette mesure est un soulagement, notamment pour les successions de taille moyenne où les frais pouvaient atteindre des montants importants.
Pour optimiser la gestion d’un héritage et éviter des surprises, il est utile de bien connaître les règles applicables. Par exemple, en cas de succession dite simple, constituer un dossier complet avec les attestations nécessaires peut permettre de bénéficier d’une exonération des frais. Par ailleurs, il convient de vérifier la grille tarifaire spécifique de la banque concernée, car certaines établissements peuvent appliquer un montant plafonné inférieur à celui autorisé par la loi.
Calculateur du plafonnement des frais bancaires en cas de succession
Utilisez cet outil pour estimer le montant plafonné des frais bancaires applicables sur un héritage en France. Le calcul prend en compte les règles actuelles et vous indique si des cas de gratuité peuvent s’appliquer.
L’impact de cette législation est également notable pour les investisseurs et détenteurs de produits financiers qui doivent envisager les frais en intégrant les nouvelles conditions. L’évolution de cette réglementation est à suivre attentivement, car elle peut influer sur la transmission patrimoniale dans le cadre d’un montage financier ou d’une optimisation fiscale.
Quelques conseils pour mieux gérer les frais bancaires après un décès
- Recueillir rapidement toutes les pièces justifiant la qualité d’héritier.
- Évaluer précisément les soldes et produits d’épargne pour anticiper le montant des frais éventuels.
- Consulter la grille tarifaire spécifique de la banque afin d’anticiper les coûts.
- Demander conseil à un professionnel comme un notaire ou un conseiller financier, notamment en cas de succession complexe.
- Utiliser les outils en ligne pour calculer les frais et comprendre les exonérations applicables.
Pour aller plus loin sur les frais bancaires liés à une succession
Les nouveautés introduites par la loi du 13 mai 2025 sont présentées en détail sur différents sites spécialisés. Des analyses critiques et des actualités légales sont régulièrement mises à jour sur Que Choisir et Le Particulier.
Enfin, les évolutions dans ce domaine sont à combiner avec une vigilance accrue lors de la préparation de la succession car elles impactent directement la répartition effective des droits de succession à régler par les bénéficiaires. Intégrer ces notions dans une stratégie de transmission peut s’avérer déterminant pour alléger la charge financière post-décès.
FAQ
Quels sont les plafonds applicables aux frais bancaires sur succession ?
Les frais sont plafonnés à 1 % du montant total des soldes détenus par le défunt, avec un maximum de 850 euros pour l’année 2026.
Dans quels cas peut-on bénéficier de la gratuité des frais bancaires succession ?
La gratuité est applicable si le titulaire était mineur, si le solde total des comptes est inférieur à 5 910 euros ou dans le cadre d’une succession simple validée par un acte d’héritier et sans complexité manifeste.
Quels comptes sont exclus du plafonnement des frais bancaires sur succession ?
Les plans d’épargne en actions (PEA), les PEA-PME/ETI, les comptes PME innovation et les plans d’épargne avenir climat ne sont pas soumis à cet encadrement et peuvent entraîner des frais libres.
Comment prouver sa qualité d’héritier pour obtenir la gratuité ?
Il est nécessaire de fournir un acte de notoriété ou une attestation signée par tous les héritiers pour bénéficier de la gratuité des frais liés à la succession.
Que faire en cas de succession complexe ?
Dans les situations de complexité manifeste comme l’absence d’héritier direct ou la présence d’un crédit immobilier, les frais bancaires peuvent être facturés mais restent plafonnés à 850 euros.