Comprendre le principe du PEA
Pour réussir avec un PEA, il est crucial de réaliser qu‘il n’existe pas d’actions intrinsèquement bonnes ou mauvaises. Certaines doivent être acquises à un moment précis, tandis que d’autres nécessitent d’être cédées. Cela repose sur un cycle et des perspectives d’investissement. Certaines valeurs se distinguent par leur stabilité, d’autres par leurs rendements, et beaucoup par leur potentiel de croissance. Il est également possible que certaines d’entre elles soient surévaluées, alors que d’autres peuvent être sous-évaluées, ne reflétant pas leurs performances, actifs ou potentiel.
Stratégie selon les marchés
En fonction des marchés ciblés, principalement Euronext dans le cas du PEA, il est probable qu’une stratégie soit plus efficace qu’une autre. Par exemple, un investisseur passionné par le NASDAQ choisira des titres très différents d’un amateur du CAC40. Chaque marché a ses propres stratégies, et chaque investisseur a ses convictions !
Stratégie de croissance
Se concentrer sur la croissance constitue une base commune à tous les styles de gestion. Même si une action offre un rendement séduisant, il est inutile d’y investir si les perspectives de l’entreprise sont moroses. Toutefois, certains investisseurs se fixent des critères élevés. Les secteurs privilégiés incluent souvent les nouvelles technologies, la pharmacie et le luxe, mais beaucoup cherchent aussi des valeurs dans des secteurs cycliques, comme le BTP ou les biens de consommation discrétionnaires.
Le but est d’identifier un marché en plein essor. Rien n’est plus révélateur qu’un chiffre d’affaires croissant plus rapidement que le PIB pour justifier un investissement. Une progression rapide du chiffre d’affaires est un indicateur d’une part de marché qui s’accroît, traduite par une augmentation des ventes ou des prix. Évidemment, cette hausse des prix doit reposer sur une amélioration de la qualité des produits et un développement optimisé.
Il est primordial de s’assurer que le résultat opérationnel affiche une croissance équivalente. Sinon, cela pourrait indiquer une courbe d’expérience de l’entreprise sous-optimale. Cette expérience est essentielle puisqu’elle traduit la capacité d’une entreprise à produire autant, voire plus, à un coût réduit.
La croissance du résultat net doit dépasser 10%, avec une bonne visibilité sur les résultats à venir. Il est pertinent d’examiner la différence entre les résultats des années passées et les estimations prévues.
Stratégie rendement
À titre personnel, je pense que le style axé sur le rendement et les dividendes présente davantage une approche défensive que la croissance. On pourrait le considérer comme un style plus prudent, un peu comme un investisseur mûr à l’esprit familial.
L’objectif est simple, ce qui en fait souvent la stratégie favorite des jeunes investisseurs : rechercher des valeurs avec le meilleur ratio dividende/prix. Sans oublier d’évaluer la croissance et d’assurer une bonne structure financière, un point souvent négligé, requérant des compétences analytiques poussées.
Cette stratégie est moins pertinente pour les petits portefeuilles. Tant que votre apport mensuel demeure significatif par rapport à votre capital, l’accent doit être mis sur la croissance ou le value investing. Par exemple, pour un portefeuille de 5 000€ avec 300€ d’épargne mensuelle, il est préférable de favoriser le risque comparé à un PEA limité à 150 000€ où le rendement a de l’importance.
L’intérêt d’une stratégie de rendement repose sur la génération de revenus réguliers, surtout en période de conjoncture défavorable, où les perspectives de plus-values sont faibles. Cependant, la situation de crise peut représenter une opportunité d’acheter des actions offrant du rendement, permettant de minimiser les risques.
Style value
Le style value est celui que je préfère, davantage en raison de son aspect exigeant et stimulant. L’analyse fondamentale est essentielle pour déceler des valeurs sous-évaluées par rapport à d’autres sociétés du même secteur. Ces entreprises voient souvent leur valeur d’actifs ignorée ou leur cotation subir des baisses dues à une macro-économie défavorable, mais leur impact sur l’entreprise peut être limité.
Il est important de repérer des sociétés dont la valeur intrinsèque est nettement supérieure à leur capitalisation. Elles affichent généralement des PER inférieurs à la moyenne du secteur et montrent une force relative plate par rapport à l’indice.
Le plus challenging dans la stratégie value est d’évaluer la juste valeur d’un titre, ce qui requiert des méthodes de calcul complexes prenant en compte divers facteurs. La précision d’un calcul repose sur la qualité et la quantité des données utilisées.
Style GARP
Le modèle GARP (growth at a reasonable price) combine les styles value et croissance. C’est une stratégie que tous les investisseurs rationnels souhaitent adopter. Ici, l’objectif est de dénicher des valeurs de croissance qui sont sous-évaluées avec des perspectives supérieures à la moyenne et des actifs difficiles à quantifier.
Il est intéressant de noter que certaines de ces valeurs affichent des PER élevés, ce qui peut sembler contre-intuitif. Prenons l’exemple d’Amazon : malgré une croissance phénoménale, sa valorisation n’est pas à son maximum. Les investisseurs sous-estiment ses actifs médiatiques, qui ont un avenir prometteur.
La méthode PEG (price earning growth) est un outil puissant pour identifier les valeurs correspondant à la stratégie GARP. En divisant le PER par l’estimation de la croissance des bénéfices, un PEG faible indique une société plus attractive. Bien sûr, ce calcul nécessite des données de qualité, suggérant que tous les investisseurs n’ont pas le même accès aux outils d’analyse.